Si les archives font mention d’un château primitif dès le XIe siècle, en réalité ce lieu est occupé dès la préhistoire, comme en témoigne les grottes troglodytes sous la cour d’honneur du château. La présence de fondations gallo-romaines (seul le nymphée gallo-romain est visible aujourd’hui) et des sarcophages mérovingiens trouvés sur le domaine attestent également que Cazeneuve a accueilli ses premiers habitants bien avant la construction d’un château.
C’est donc au XIe siècle qu’est construit le premier château en bois sur un éperon rocher. Idéalement située à la confluence de la rivière le Ciron et du ruisseau l’Homburens, cette motte médiévale est protégée par des défenses naturelles.
Plus tard au XIVe siècle, le grand bâtisseur de la famille d’Albret, Amanieu VII, transforme ce château primitif en une forteresse du Moyen-Âge. Cazeneuve prend ainsi la forme d’un polygone irrégulier, lui donnant son architecture unique. Des douves sont ajoutées pour protéger la partie sud. Le village de Cazeneuve est également défendu par des murs fortifiés en pierre, de grands fossés et un pont levis.
Cour basse du château
Au tournant du XVIIe siècle, Cazeneuve se transforme en un magnifique château de plaisance et d’apparat. Le nouveau propriétaire, Raymond de Vicose, cousin d’Henri IV, est un homme très riche. Il fait entreprendre de grands travaux pour moderniser le château : les fenêtres sont agrandies, des cheminées sculptées et une terrasse édifiée.
Dès le XVIe siècle, des galeries avaient déjà été ajoutées à chaque étage pour desservir les pièces, ceci étant particulièrement novateur car les pièces étaient encore majoritairement en enfilades à cette époque.
En 1680, une chapelle est édifiée au premier étage à la place d’une ancienne salle de justice.
Le Château de Cazeneuve au cours du XXe siècle
Les siècles suivants sont plus calmes, les générations se succèdent mais aucuns grands travaux sont réalisés. Le village de Cazeneuve disparait progressivement, les murs de fortification tombent et ses fossés de défense sont comblés. La tour sud-ouest s’écroule coupant en deux les anciens chemins de ronde. Mais l’intérieur du château continue à être bien entretenu comme peut en témoigner les nombreux meubles anciens du château.
Le Château est relativement épargné à la Révolution Française, seules quelques armoiries sont détruites.
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, le château est occupé par l’armée allemand, si la structure n’a pas été abimé, quelques objets et meubles ont été détériorés.
Le château continue d’être habité au cours du XXe siècle mais les affres du temps commencent à se faire sentir. Dans le dernier quart du siècle, le besoin de faire des travaux devient primordial pour maintenir en état cette ancienne demeure royale.
À partir des années 90 commencent alors une série de gros travaux ininterrompus jusqu’à aujourd’hui. Menés par le propriétaire de l’époque Elzéar de Sabran-Pontevès et son épouse, toutes les toitures sont refaites, les menuiseries extérieures sont remplacées pour retrouver les fenêtres à meneau du XVIIe siècle, les façades du château sont remises en état et les murs du chemin de ronde sont consolidés. Parallèlement, l’intérieur du château est également restauré grâce aux archives du château.
Pour financer les travaux de restauration, le château ouvre ses portes au public en 1989, seules quelques pièces sont alors visibles et devient également un lieu de réception pour les mariages, séminaires et autres évènements. Au fil des années, le château continu à être rénové et de nouvelles pièces sont ouvertes régulièrement.
En 2000, le Château recevra d’ailleurs le Grand Prix du Journal Point de Vue et Image du Monde.
Les années 2010 :
En 2014, le propriétaire des lieux décède soudainement, son fils Louis-Elzéar alors âgé de 33 ans et son épouse Caroline décident de reprendre le flambeau avec le même leitmotiv : poursuivre les travaux engagés et ouvrir Cazeneuve au plus grand nombre.
Ainsi les travaux continuent :
Le château retrouve sa tour à son angle sud-ouest. Cette tour habillée de pierres de taille de 15 cm d’épaisseur cache en réalité un ascenseur et des toilettes (dont deux pour les PMR). Cet ascenseur permet de desservir le premier étage du château pour les personnes à mobilité réduite. Ce projet a été doublement récompensé par la fondation Mérimée.
C'est un projet à l'architecture contemporaine qui respecte l'intégrité du site.
La réussite de ce projet a été possible grâce à la participation financière du Département de la Gironde, de la Région Nouvelle Aquitaine, des Fonds Européen leader et de plus de 100 mécènes Privés et d’Entreprises.
Afin de faciliter la découverte du parc aux visiteurs, des panneaux explicatifs sont installés dans le parc conjointement avec la création d’un nouveau plan. L’objectif est de mettre en valeurs la diversité végétale ainsi que les patrimoines bâtis et naturels du parc.
De nouveau arbres sont plantés, tout en tenant compte de l’évolution climatique.
En 2024, des premiers travaux de maçonnerie sont institués avec la reprise des fissures dans le patio du château et tous les joints des sols extérieurs (cour d’honneur, cour basse et terrasse) sont refaits à la chaux.
En 2025, c’est plus de 950 m2 de rejointoiement de murs qui sont réalisés dans la cour d’honneur, sur l’Arc de Triomphe ainsi que sur le mur de l’ancien village ; et plusieurs dizaines de pierres sont remplacées à cette occassion.